Eric Chauvier

Chers membres des conseils d’administrations des holdings les plus hautement valorisés dans l’économie globale.

Il faut s’en réjouir, les tentatives faites par les précédents gouvernements néo-libéraux de cette planète pour mettre en place le programme « dictature et solidarité » rencontrent en ces jours troublés une réussite totale et inespérée. Que chacun reste chez soi, consommant et échangeant à distance, et sans vilipender le système, nous réjouit dans les grandes largeurs. Cette utopie capitaliste nous permet désormais d’activer sans mal le programme « dictature et citoyenneté », que nous appelons de tous nos voeux depuis longtemps. Grâce aux réseaux sociaux, dans les entreprises desquelles beaucoup d’entre nous ont des actions, le programme « dictature et communication » est également effectif. Reste à mettre en oeuvre les programmes « dictature et tendresse », « dictature et créativité », et « dictature et amour ». Certains grands administrateurs de l’économie mondialisée s’inquiètent de la sortie de crise : pourront-ils conserver cette formidable discipline consumériste qu’aucune période du capitalisme n’a jamais connue ? Sur ce point, il nous faut les rassurer; les petits gauchistes qui crient au loup ont raison sur un point : lorsque nous sortirons du confinement, plus rien ne sera en effet comme avant. Mais il faut doucher leur enthousiasme, car même les personnes les plus sérieusement informées ne reconnaîtront bientôt plus d’oxymore dans l »union de ces deux mots : « dictature et démocratie. » Notre programme global trouvera alors son terme. Et s’autodétruira.

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