Fragments de Coimbra, Portugal (4)

Fabrice Schurmans

dans un quadrilatère d’immeubles de huit étages

 

22/3 –    Ici comme en France, nous serions en guerre. Roulements de tambour. Fifre et trompette. Le virus ne passera pas. Ici comme en France, des jeunes gens résistent à la nuit qui vient en buvant avec application, en bravant le système à grand renfort d’accolades. Le virus ne passera pas. Ici comme en France, des adultes intrépides se la jouent saute-la-mort en organisant des lock down parties. Ici comme en France, les supermarchés regorgent de victuailles, les boulangeries enfournent pains et gâteaux à tour de bras. Le virus ne passera pas. Ici comme en France, nombre de confinés s’empiffrent, s’enivrent, hésitent sur la série à regarder. Coups de timbale. Le virus ne passera pas.  En 1914-1918, ici comme en France, des jeunes gens qui n’en avaient guère envie, partirent au front des regrets dans les poches et des poches sous les yeux. En 1943, des jeunes gens bravèrent le couvre-feu pour lutter contre l’arbitraire. Et le monde crevait de faim. Non, Messieurs les Présidents, nous ne sommes pas en guerre. Si nous l’étions, j’ose croire que cette génération choisirait d’autres armes. Le virus passera.

 



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