Les nains de jardin sortent-ils masqués ?

Philippe Caza

— Chéri, je crois qu’il y a quelqu’un dans le jardin.

— Hum…? Oui…?

— … Un nain.

— Hum… C’est normal : un nain de jardin.

— Chéri, il frappe à la porte, c’est normal aussi ?

— Ce qui serait normal, c’est de sonner.

— Mais… C’est un nain. Il ne peut pas atteindre la sonnette. Tu vas lui ouvrir ?

— Pas question. Y a confination. Vas y, toi.

La confination a bon dos. En fait je regarde Last men on earth. Pitch de la série : En cas de fin du monde, il y a toujours un survivant dans une cave, sinon il n’y aurait pas de film. Mais cette fois-là le cataclysme qui a éradiqué l’humanité s’est produit pendant la réunion du conclave enfermé au Vatican pour l’élection d’un nouveau pape. Cent quinze survivants : que des cardinaux. Au bout de 47 épisodes, on s’emmerde un peu, quand même.

— Chéri, il est en train de passer par la chatière.

C’est ainsi que Georges entra dans notre vie. Il avait le teint rubicond et des mignonettes de rhum dans les poches. Il se présenta :

— Georges.

Puis il s’installa en bonne intelligence avec Chateigne, notre chatte, avec qui il partagea bientôt non seulement la chatière mais la litière et la panière. Pas ensemble : les chattes sont des chasseresses nocturnes sans morale, alors, la nuit, Georges dormait dans la panière tandis que Chateigne était en chasse au jardin.

Au matin, ils se partageaient les souris et les oiseaux qu’elle rapportait.

Ils firent une portée de six chatons nains.

Tous finirent alcooliques.

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