Première nécessité

Olivier Génot

Ça, on ne se bouscule plus au portillon c’est le
temps venu de l’espace entre nous.
On se regarde de loin, et encore de loin en loin à la
bonne distance parcourue du postillon.

 

Cependant la queue elle, s’en sort bien moins
leu leu mais de plus en plus longue
elle déborde d’inquiétudes au reflet des vitrines
d’impatiences et de peurs, jusqu’ici contenues.

 

Mon espèce se méfie, se disperse

 

tes sourires se font plus rares,
et nos pensées semblent se barricader ; je
me lève mais ne te bouscule
comme d’habitude on devrait s’habituer.

 

En attendant tout ne tient plus qu’à un fil
cette étincelle qui redonne la vie au fur et à mesure
comme une sorte de courant brûlant
qui charrierait, cahin-caha, nos superbes sous-nous-numériques.

 

C’est le temps perdu de l’espace entre nous, celui
où les règles seraient dit-on,
infiniment plus contraignantes si ce n’est douloureuses
et nos puants petits-je-poétiques, d’autant plus dangereux.

 

(04/20)

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